L'ASSOCIATION 14 À TABLE

Une association engagée

14 à Table porte un projet de caisse alimentaire solidaire pour une alimentation de qualité accessible dans un cadre participatif et solidaire.

Pourquoi ce projet ?

Impossibilité pour de nombreux foyers aux revenus modestes d’accéder à une alimentation de qualité et choisie.

Difficulté, pour les agriculteurs, de boucler leurs fins de mois malgré un lourd labeur quotidien.

Derrière leurs différences apparentes, ces deux faits profondément injustes ont des causes pour partie semblables : 

des systèmes de production et de distribution alimentaire exclusivement guidés vers la rentabilité à court terme…

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Cela conduit d’un côté à la disparition de nombreuses fermes, contamine les ressources en eau, met en péril la terre nourricière et la biodiversité, et de l’autre côté, à ce que des millions de foyers doivent se rabattre sur des produits trop gras, sucrés, salés et ultra-transformés, imprégnés de substances chimiques nocives, lorsqu’elle ne les oblige pas à s’adresser au don alimentaire. Des habitants et associations du 14ème arrondissement ont décidé d’agir.Ils ont créé la CAS14, portée par l’association 14 à Table qui rassemble déjà plus d’une centaine de bénévoles. Le principe :La Caisse repose sur le partage solidaire de cotisations versées par ses membres. Chacun.e verse mensuellement une contribution libre sur la base d’une échelle qui est proposée en fonction des revenus de chaque foyer (cela va d’un minimum de 5€ pour les petits revenus à 160€ et plus pour des revenus élevés de personnes prêtes à donner plus que ce qu’elles touchent. Ces ressources sont complétées par des contributions publiques et privées. Devenant ainsi « affilié » de la Caisse, chaque foyer touche chaque mois une même allocation, indépendante de la cotisation versée, dont le montant actuel est de 100€. Avec cette allocation, les affilié.e.s sont libres d’aller acheter des produits alimentaires parmi une liste de magasins (dits « conventionnés ») couvrant progressivement tout l’arrondissement. Ces magasins privilégient des produits frais, sains, de saison, produits à courte distance, rémunérateurs des producteurs, tout en étant à des prix accessibles. La Caisse est ouverte à tous les habitant.e.s du 14ème, tous les quartiers, tous les âges (il faut être majeur), et tous les milieux sociaux. Ce projet débute par une phase d’expérimentation de 2-3 ans visant à évaluer les facteurs qui facilitent ou au contraire rendent difficile l’adhésion des habitants et des magasins au projet, et à examiner les changements de comportement alimentaire induits chez les affiliés. Un nombre limité de quelques centaines d’affilié.e.s sera admis..

Nos valeurs

Solidarité

Un dispositif basé sur la participation et l’entraide de chacun et chacune.

Accessibilité

Une association ouverte à toutes et tous.

Dignité

Permettre à chacun.e de choisir son alimentation librement.

Participation

Un projet collectif où chacun.e peut s’impliquer et apporter.

Historique

Le projet de la Caisse Alimentaire Solidaire dans le 14ème arrondissement a commencé à prendre forme début 2024 dans l’arrondissement, où avaient déjà eu lieu diverses initiatives inspirées par les propositions du Collectif national sur la Sécurité Sociale de l’Alimentation

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Une invitation de la Mairie du 14ème arrondissement a donné l’occasion à leurs acteurs de se rencontrer le 6 février, et aux participants de prendre connaissance d'expériences en cours ailleurs en France (Montpellier, Lyon ...). Un Collectif local prend corps progressivement. Plus d’une vingtaine de réunions plus tard, un évènement public se tient le 6 mars 2025 pour présenter l’avancée du projet. Cette rencontre s’est tenue peu avant une votation citoyenne organisée le 23 mars par la Mairie, interrogeant les habitants de l’arrondissement sur la question «Êtes-vous pour ou contre l’expérimentation d’une caisse alimentaire solidaire à Paris 14ème ?». Cette votation a contribué à faire connaître le projet. Le Collectif décide de prendre la forme d’une association-loi 1901 dont l'assemblée constitutive se tient le 11 avril 1025. Principes de gouvernance démocratique, bases du financement de l'expérimentation, discussion des publics invités à rejoindre le projet, les fondements de l'association Caisse Alim Paris14 (premier nom de ce qui est devenu 14 à Table) sont posés.e.

Une gouvernance collégiale

14 à Table s’organise autour d’un fonctionnement collégial qui favorise la participation et la prise de décision partagée et démocratique.

Je participe à un projet solidaire

Pour en savoir plus sur l'association...

Texte rédigé pour la Newsletter de la CPTS

Comment est née l’idée de créer la Caisse Alimentaire Solidaire CAS 14 ?

Le projet a émergé début 2024 lorsque la mairie du 14ème a invité un ensemble d’associations et d’habitants de l’arrondissement à s’unir pour porter le projet de création d’une caisse alimentaire solidaire, en s’inspirant des différentes expériences qui étaient en cours ailleurs en France depuis quelques années, dans l’optique d’une « Sécurité Sociale de l’Alimentation ».

D’autres initiatives étaient encouragées en parallèle dans d’autres arrondissements de Paris. Un collectif d’habitants et d’associations s’est constitué et a construit un projet original qui a abouti à la création d’une association selon la loi 1901 lors d’une assemblée constitutive le 11 avril 2025. Son nom est tout simplement 14 à Table.

Quel constat sur le territoire du 14e arrondissement a motivé le lancement de cette expérimentation ?

Actuellement en France, de 10 à 16% de la population subit la précarité alimentaire1. Le 14ème arrondissement de Paris n’y échappe pas. Cela représente de 10 à 20 000 personnes de tous âges, beaucoup d’enfants, des étudiants, des séniors et des actifs aux revenus modestes. 

Cette situation insupportable prend de l’ampleur. Elle appelle d’abord un sursaut des pouvoirs publics pour s’attaquer sérieusement aux impasses de notre système agro-alimentaire. 

Mais la société civile – habitants, associations, entreprises – peut aussi agir dans son territoire. C’est pourquoi la Caisse Alimentaire Solidaire du 14ème (CAS14) a été créée par 14 à Table, afin d’expérimenter, d’abord sur un nombre limité d’habitants (quelques centaines), les conditions à remplir pour que ce projet puisse s’inscrire dans la durée en trouvant l’essentiel de ses ressources, humaines et financières, dans la société civile, en articulation avec le soutien des pouvoirs publics.

Quels besoins des habitants cherchez-vous à répondre en priorité ?

Le projet répond à trois types de besoins. En premier lieu, il s’agit de faciliter l’accès de toutes et tous, quelles que soient leur profil socio-économique et démographique, à une alimentation de qualité et issue de systèmes de production (agriculture, industries de transformation) et de distribution des biens alimentaires à la fois justes et durables. Cela en mobilisant l’énergie de la solidarité entre habitants, soutenue par les forces économiques locales et les acteurs publics.

Le projet s’efforce aussi de répondre à un second besoin. Nous avons tous, à des degrés divers, à apprendre et mieux comprendre les enjeux et conditions d’une agriculture durable et d’une alimentation de qualité. Cette facette du projet, dans laquelle les membres sont invités à s’impliquer activement, se met en place progressivement et pourra bientôt s’appuyer sur un site Internet en cours de construction qui fera connaître les évènements organisés à cet effet.

Un troisième besoin, plus diffus, embrasse les deux premiers. En cette période de doute, voire de craintes, sur l’avenir, participer à un projet collectif qui vise à rassembler les habitants autour du droit à une alimentation de qualité, par-delà nos différences socio-économiques et culturelles, est une manière de « faire société » et de donner du sens au quotidien.

  • Quel est le rôle de l’association 14 à Table dans le développement de la CAS 14 ?

La CAS14 est portée et gérée par l’association 14 à Table. Il s’agit d’organiser un partage équitable de ressources apportées de manière volontaire par les cotisations des affiliés de la Caisse, selon leurs capacités, et les dons des personnes et entreprises mécènes, ainsi que par des crédits publics. Ces ressources permettent d’allouer chaque mois à tous les foyers affiliés une même somme (actuellement 100€), qui peut être dépensée dans des commerces de proximité conventionnés dans tout l’arrondissement, pour l’achat de biens alimentaires sains et issus d’une agriculture durable.

  • Pourquoi avoir choisi de s’engager sur la question de l’alimentation comme levier de solidarité ?

L’accès à l’alimentation est un besoin fondamental. Une société attentive à ses membres ne peut laisser certains en manquer. Au-delà de la quantité, la qualité de cette alimentation prend une importance croissante, face aux stratégies des grands acteurs de nos systèmes de production et de distribution dont la boussole est la rentabilité à court terme. Ils s’évertuent à nous faire consommer des produits de médiocre qualité, tant sur le plan gustatif que sur celui de leur composition, souvent malsains d’un point de vue nutritionnels (trop gras, sucrés, salés, pauvres en fibres) et imprégnés de substances chimiques (résidus de pesticides et additifs alimentaires). Ils écrasent les prix payés aux agriculteurs et conduisent la France à perdre sa souveraineté alimentaire pour se concentrer sur l’exportation de produits d’une agriculture intensive.

Des revenus suffisants devraient permettre à chacun de pourvoir à ses besoins alimentaires. C’est loin d’être le cas et la situation s’aggrave, comme le démontre l’augmentation continue du recours forcé au don alimentaire. La solidarité répond à une nécessité pressante et met les pouvoirs publics et les acteurs de l’agriculture et de l’agro-industrie devant leurs responsabilités.

  • Comment ce projet s’inscrit-il dans les valeurs et les missions de l’association ?

L’association a été créée pour répondre à ce besoin : donner à chacun un pouvoir d’acheter des biens alimentaires bons pour la santé et qui permettent à leurs producteurs de vivre dignement de leur travail et d’entretenir la viabilité des sols agricoles, cela en faisant appel à la solidarité des habitants du territoire. L’expérience est localisée mais, conjuguée avec les nombreuses autres en cours en France (plusieurs dizaines, dans une grande variété de contextes urbains et ruraux), elle peut dessiner un projet auquel les pouvoirs publics seront tenus un jour de répondre.

  • Comment fonctionne concrètement la Caisse Alimentaire Solidaire ?

Il est possible d’être affilié à la Caisse sans être membre de l’association 14 à Table. C’est d’ailleurs le cas de près des deux tiers des affiliés. Ceux-ci doivent verser chaque mois une cotisation qui fait d’eux des « ayants droit ». La cotisation est libre, décidée par chaque foyer, selon les ressources et sa taille. Le formulaire d’affiliation présente une échelle de cotisation suggérée qui peut servir de repère. L’échelle peut être révisée par l’association, selon les leçons tirées d’autres expériences et de sa situation. La cotisation ouvre droit à une allocation versée chaque mois, qui est du même montant pour tous (c’est ainsi que s’opère la solidarité), sous forme d’une monnaie numérique que les affiliés peuvent utiliser pour acheter des produits dans un ensemble de magasins avec lesquelles l’association a passé convention. Les affiliés sont libres du choix des magasins et des produits achetés. En fin de mois, l’association rembourse chaque magasin du montant cumulé des achats opérés par les affiliés. Elle joue le rôle de « tiers payant ».

  • Comment les habitants peuvent-ils participer au projet ?

Comme toute association, 14 à Table repose sur l’engagement de ses membres. Les différentes fonctions qui permettent le développement du projet (examen des lieux susceptibles d’être conventionnés ; communication ; actualisation de l’échelle des cotisations ; évaluation des effets du dispositif etc.) sont discutées au sein de Groupes de Travail (GT) qui soumettent leurs propositions au conseil d’administration (qui s’appelle Conseil Collégial – CC -dans le cas de 14 à Table). Les affiliés non-membres sont également invités à participer au projet, notamment pour le faire connaître et construire les activités relevant de l’information et de l’éducation.

  • Quels critères sont utilisés pour sélectionner les commerces ou producteurs partenaires ?

L’élaboration d’une grille des critères de conventionnement des lieux d’achats des biens alimentaires a été l’une des premières tâches de l’association. Une dizaine de critères sont examinés lors de visites sur place et échanges avec les gérants des lieux, parmi lesquels : la part de biens alimentaires cultivés ou produits à courte distance (dans les 250 km), selon des modes de production respectant les sols et la biodiversité ; la part occupée par les produits frais et de saison ; les efforts faits pour réduire les déchets et les emballages dans la chaîne de distribution ; la part des produits ultra-transformés en vente ; la fixation du prix de vente (la part qui revient au producteur, et l’accessibilité pour des revenus modestes) ; les conditions de travail des personnels (critère difficile à apprécier).

Les membres du GT Conventionnement échangent leurs avis sur les différents magasins puis soumettent leurs propositions au Conseil Collégial qui prend la décision finale. Une décision peut être révisée dans les deux sens : si un lieu non conventionné a fait des efforts pour lieux répondre aux attentes, ou inversement. La grille actuelle (voir le site Internet) est en révision pour inclure à l’avenir des magasins spécialisés (boulangerie etc.) ou des lieux de restauration de type cantines.

  • Comment s’organise la gouvernance du dispositif ?

La pièce maîtresse de la gouvernance est l’assemblée générale des membres. Elle délibère sur les grandes orientations, sur les textes qui régissent le fonctionnement de l’association (statuts et règlement intérieur), sur les rapports d’activités et les rapports financiers annuels. Elle procède aussi à l’élection des membres du Conseil Collégial.

14 à Table a pour originalité d’avoir choisi une gouvernance de type collégial, dans l’objectif de donner une place aux différentes parties prenantes intéressées par le projet. Ainsi, l’adhésion se fait au titre de l’un ou l’autre de cinq collèges : les membres affiliés, en premier (collège qui selon les statuts dispose au moins de la moitié des membres du CC) ; les lieux conventionnés membres de l’association (ce qui n’est pas une condition pour être reconnu comme lieu conventionné) ; les associations actives dans les domaines de la solidarité et de l’éducation populaire ; des entités dites « acteurs civiques » (représentants de conseils de quartiers ou du conseil citoyen du quartier de « la politique prioritaire de la ville » (Didot-Porte de Vanves) ; et un collège regroupant toute autre personne physique ou morale qui n’est pas affiliée à la Caisse mais qui entend soutenir le projet. Ces quatre collèges sont représentés au CC pour une part minoritaire des membres.

Comme indiqué plus haut, la démarche se veut participative, avec l’initiative donnée aux GT qui se saisissent des sujets relevant de leur compétence et élaborent des propositions qu’ils présentent au CC. Il ne faut pas se cacher que ce principe se heurte à la tendance générale qui voit reculer l’engagement dans la vie associative.

 

Nous sommes à votre écoute pour vous expliquer le fonctionnement et répondre à vos questions.

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